AMÉNAGEMENT DE L’ÉGLISE
Publié le mardi 11 août 2026 - Cuvat
La Mairie a fait réaliser l’habillage en chêne des deux autels latéraux de notre église. C'est l'aboutissement d’un projet de rénovation mené dès 1979 par l'abbé Morel, pensé et réalisé par l'artiste Paul Foujino.
L’église de Cuvat, en 1979, C’est une architecture ingrate, un parallélépipède sans charme et sans mystère, " comme une salle rectangulaire de cinéma ".
Édifiée au 19ème siècle, elle est dans un état de vétusté que son isolement dans la campagne humide de la Savoie n’a pas arrangé.
Sous un plafond en faux caissons dans une grisaille bleuté, parsemée de petites fleurs de lys, la décoration intérieure exprime une dévotion
surannée. La nef trop basse rend l’église sombre. Il s’en dégage une impression de tristesse.
L’abbé Morel, le courageux curé du village, prend le parti d’une rénovation radicale de son église, plutôt que d’une stricte restauration du décor. Le seul bel objet de l’église est un Christ en bois du 15ème
siècle, mais qui a été relégué sur un mur latéral.
C’est autour de ce Christ que Foujino va orchestrer un espace d’une joie rayonnante.
Après restauration du bâtiment et peinture en blanc de tout l’intérieur, après dix-sept jours
de traçage des motifs, Foujino peint seul, en quinze jours, la totalité de la surface intérieure.
Foujino disait : " Je cherche une dimension murale d’une tendance abstraite qui se crée par les rapports négatif-positif des formes ".
A partir du crucifix placé au centre, au fond du chœur, d’amples bandes de couleur jaune, orangé et gris – couleurs entrevues dans les catacombes de Rome, mais peut-être aussi celles des robes de certains moines bouddhistes, en tous cas des
temples et des portiques shintoïstes –
enveloppent l’espace de la nef, comme une scénographie de la résurrection. N’ont été conservés que certains morceaux de peinture iconographique datant de la construction, réduits à des médaillons, au plafond.
Fragmentaires, ils perdent leur vieillerie saint-sulpicienne et s’intègrent à la scène qui se joue. Le blanc domine et l’église de Cuvat est baignée de lumière.
../..
Foujino Foujino est mort brusquement, le 1er mars 1982.
Après Cuvat, comme le vieillard Siméon de l’Evangile, il avait dit à sa femme : "Maintenant je peux mourir tranquillement. Grâce à l’aide de Dieu et des autres, j’ai pu décorer la Maison du Père. Mon rêve est devenu réalité, et je rends grâce au Seigneur ". (Source en lien)
Coût des travaux : 1 600€ HT
Publié par Mairie de Cuvat






